L’accessibilité des personnes à mobilité réduite (PMR) constitue aujourd’hui un enjeu majeur dans la conception des bâtiments et l’aménagement des espaces publics.
En 2026, les obligations d’accessibilité visent à garantir à tous les usagers — notamment les personnes en situation de handicap — un accès autonome, sécurisé et compréhensible aux bâtiments, aux services et aux espaces de circulation.
Contrairement à une idée répandue, il n’existe pas une seule norme PMR unique. Les obligations varient selon le type d’aménagement concerné :
- établissements recevant du public (ERP)
- installations ouvertes au public (IOP)
- voirie et espaces publics
L’objectif reste toutefois le même : permettre à chacun d’accéder, de circuler, de se repérer et d’utiliser les équipements dans des conditions d’égalité et d’autonomie.

L’accessibilité des ERP : un principe fondamental
En France, la politique d’accessibilité repose principalement sur la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances.
Cette loi impose que les bâtiments publics, les services et les espaces collectifs soient accessibles à l’ensemble de la population, y compris aux personnes en situation de handicap.
Depuis son adoption, plusieurs textes réglementaires sont venus préciser les exigences techniques applicables aux établissements recevant du public.
👉 Pour consulter les textes officiels : legifrance.gouv.fr
En 2026, ces obligations demeurent essentielles. Les ERP doivent intégrer des règles strictes concernant :
- l’aménagement des espaces
- la circulation des usagers
- la signalisation et l’information
- la sécurité des déplacements
Ces règles concernent à la fois les établissements neufs et les bâtiments existants.

Les principes généraux de l’accessibilité
La réglementation repose sur un principe simple : permettre à toute personne, quel que soit son handicap, de pouvoir accéder, circuler, se repérer et utiliser les équipements de manière autonome.
L’accessibilité doit donc être pensée sur l’ensemble du parcours de l’usager.
Elle concerne notamment :
• les cheminements extérieurs
• les entrées des bâtiments
• les espaces d’accueil
• les circulations intérieures
• les escaliers et rampes
• les sanitaires accessibles
• les dispositifs d’alerte
• les éléments de signalisation et de repérage
La réglementation prend également en compte plusieurs types de handicaps :
• handicap moteur
• handicap visuel
• handicap auditif
• handicap cognitif
• handicap psychique
Pourquoi l’accessibilité concerne aussi la voirie et les abords des bâtiments
Un établissement peut être conforme en intérieur mais rester difficile d’accès si ses abords ne sont pas adaptés.
La réglementation englobe donc :
- les trottoirs
- les cheminements urbains
- les passages piétons
- les zones de stationnement
- les abords des bâtiments
Dans ces situations, les éléments de repérage visuel et tactile jouent un rôle essentiel.
👉 Les recommandations techniques sont notamment portées par le
Cerema
Le marquage au sol et les dispositifs podotactiles participent directement à l’accessibilité globale d’un site.
Le cadre réglementaire de l’accessibilité PMR en 2026
ERP neufs et créations d’IOP
Arrêté du 20 avril 2017 modifié
Le référentiel principal est l’arrêté du 20 avril 2017 modifié relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées des ERP lors de leur construction ou de leur création.
Ce texte fixe les règles concernant notamment :
• les cheminements accessibles
• les escaliers et rampes
• les équipements d’accueil
• la signalisation
• les dispositifs de repérage tactile et visuel
ERP situés dans un cadre bâti existant
Arrêté du 8 décembre 2014
Agendas d’accessibilité programmée (Ad’AP)
Pour les bâtiments existants, les obligations sont définies par l’arrêté du 8 décembre 2014 relatif à l’accessibilité aux personnes handicapées dans les ERP situés dans un cadre bâti existant.
Ce texte prend en compte les contraintes techniques pouvant apparaître lors des travaux de mise en accessibilité.
Il s’inscrit dans le cadre des Agendas d’Accessibilité Programmée (Ad’AP), qui permettent de planifier les travaux nécessaires.
Voirie et espaces publics
décret n°2006-1658 du 21 décembre 2006
arrêté du 15 janvier 2007
- le décret n°2006-1658 du 21 décembre 2006
- l’arrêté du 15 janvier 2007 relatif à l’accessibilité de la voirie et des espaces publics
Ces textes définissent les prescriptions techniques concernant :
- les trottoirs et cheminements
- les traversées piétonnes
- les abaissements de bordure
- les dispositifs d’éveil de vigilance
Les bandes podotactiles doivent respecter notamment :
- la norme NF P98-351 pour les bandes d’éveil de vigilance
- la norme NF P98-352 pour les bandes de guidage
- NF P98-353 (bandes d’interception)
👉 Référence normative : https://www.afnor.org

Les obligations PMR les plus fréquentes
Cheminements accessibles : largeur, repérage et continuité
Les cheminements doivent permettre une circulation simple et sécurisée.
La réglementation prévoit :
- largeur minimale de 1,40 m
- rétrécissement ponctuel à 1,20 m
- revêtement stable, non glissant
Solutions :
- contraste visuel
- bandes de guidage
- marquage au sol structurant
Stationnement PMR : marquage et signalisation
Les parkings doivent comporter des places adaptées :
- minimum 2 %
- largeur : 3,30 m
- marquage au sol obligatoire
- signalisation verticale
👉 Découvrez nos solutions : Accessibilité PMR
Traversées piétonnes et accessibilité
Les traversées doivent être accessibles à tous :
- abaissement des trottoirs
- continuité du cheminement
- lisibilité du passage
Ressauts :
- 2 cm maximum
- 4 cm si chanfrein
👉 Solutions de sécurisation : LUMY Guardian

Les dispositifs tactiles pour sécuriser les traversées piétonnes
Les personnes déficientes visuelles rencontrent des difficultés spécifiques lors des traversées.
Les dispositifs classiques permettent :
- d’identifier la chaussée
- d’être alerté du danger
Mais ils ne garantissent pas toujours le maintien de la trajectoire.
👉 Recommandations techniques : Cerema

Le guidage tactile pendant la traversée
Une difficulté subsiste cependant : une fois engagée sur la chaussée, une personne déficiente visuelle peut perdre l’alignement du passage piéton.
Pour améliorer l’orientation, certains dispositifs tactiles peuvent être intégrés directement dans la traversée, notamment les tapis traversants qui permettent de guider la trajectoire des usagers malvoyants.

Les tapis traversants : un guidage tactile dans la traversée
Dans certaines configurations urbaines — traversées longues, carrefours larges ou passages en biais — il peut être difficile pour une personne malvoyante de maintenir sa trajectoire pendant la traversée.
Les tapis traversants sont des dispositifs tactiles installés directement dans l’axe du passage piéton.
Ils permettent :
• de guider la trajectoire pendant la traversée
• d’améliorer le repérage du passage piéton
• de sécuriser les traversées complexes
👉 Étude complète : Rapport CEREMA Phase 2 Juillet 2018 – Fichier PDF
Ces dispositifs ont fait l’objet d’expérimentations dans plusieurs villes afin d’évaluer leur efficacité, leur confort d’utilisation et leur compatibilité avec les autres usagers de la voirie.
Les bandes d’interception : un nouveau repère tactile pour orienter les usagers
Les bandes d’interception sont des dispositifs podotactiles permettant de signaler un point d’intérêt dans l’espace public.
Elles peuvent indiquer :
- une traversée piétonne
- l’entrée d’un établissement recevant du public
- un arrêt de transport en commun
- un quai ou une zone d’embarquement
Le dispositif crée un signal tactile perceptible à la canne blanche ou sous le pied, tout en étant visible grâce au contraste avec le revêtement.
👉 Fiche technique : Fiche-bande-interception.pdf

La norme NF P98-353 pour les bandes d’interception
Depuis 2025, les bandes d’interception sont encadrées par la norme NF P98-353.
Cette norme précise :
• les caractéristiques dimensionnelles
• les exigences de contraste visuel
• les performances techniques des matériaux
Leur mise en place doit toutefois s’inscrire dans une stratégie globale d’accessibilité afin d’éviter une multiplication de dispositifs qui pourrait nuire à la lisibilité de l’espace public.
Elle a été développée avec l’appui de l’AFNOR.
Conditions d’implantation
Les dispositifs doivent être intégrés dans une stratégie globale :
- éviter la surcharge d’informations
- coordonner avec les autres dispositifs
- adapter au contexte
La concertation avec les usagers est recommandée.

Escaliers : sécurité et repérage
Les escaliers doivent comporter :
- nez de marche contrastés
- bande d’éveil de vigilance
- contremarches visibles
- main courante continue


Le rôle du marquage au sol dans l’accessibilité PMR
Le marquage au sol joue un rôle important dans la lisibilité des aménagements et la sécurité des déplacements.
Il permet notamment :
• d’identifier les places de stationnement PMR
• de structurer les cheminements
• de renforcer les contrastes visuels
• de clarifier les zones de circulation.
👉 Voir nos prestations : Signalisation horizontale
Le PAVE : un outil structurant
Le Plan de mise en accessibilité de la voirie permet :
- d’analyser l’existant
- de planifier les travaux
- de prioriser les actions
Ce qui change en 2026
Les référentiels restent globalement stables :
- loi de 2005
- arrêtés de 2014 et 2017
- réglementation voirie
Les évolutions concernent surtout les pratiques et l’intégration de nouveaux dispositifs.
Les principales normes PMR à connaître
Les règles d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite reposent sur plusieurs prescriptions techniques visant à garantir la sécurité et l’autonomie des usagers dans les bâtiments et l’espace public.
Les principaux points à respecter sont :
• cheminement accessible d’une largeur minimale de 1,40 m
• ressaut maximal de 2 cm (4 cm si chanfreiné)
• places de stationnement PMR représentant au minimum 2 % du parking
• largeur minimale d’une place PMR : 3,30 m
• installation de bandes d’éveil de vigilance avant les dangers (escaliers, traversées piétonnes)
• dispositifs podotactiles pour guider les personnes malvoyantes
Ces aménagements doivent être intégrés dans une approche globale de l’accessibilité afin de garantir une circulation simple, lisible et sécurisée pour tous les usagers.
Tableau récapitulatif des principales dimensions PMR
Les dimensions réglementaires suivantes sont fréquemment utilisées dans les projets d’aménagement accessibles aux personnes à mobilité réduite.
Principales dimensions réglementaires PMR
| Aménagement | Dimension réglementaire |
|---|---|
| Largeur minimale d’un cheminement accessible | 1,40 m (1,20 m ponctuellement) |
| Largeur d’une place de parking PMR | 3,30 m minimum |
| Part de places PMR dans un parking | 2 % minimum des places |
| Hauteur maximale d’un ressaut | 2 cm (4 cm si chanfreiné) |
| Distance d’une bande d’éveil de vigilance | 50 cm du danger |
| Largeur d’une bande d’éveil de vigilance | 58,75 cm environ |
Sources réglementaires de l’accessibilité PMR
Les règles d’accessibilité applicables aux personnes à mobilité réduite reposent sur plusieurs textes réglementaires en vigueur :
- Loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances
- Arrêté du 20 avril 2017 relatif à l’accessibilité des ERP lors de leur construction
- Arrêté du 8 décembre 2014 concernant les ERP situés dans un cadre bâti existant
- Arrêté du 15 janvier 2007 relatif à l’accessibilité de la voirie et des espaces publics
- Norme NF P98-351 pour les bandes d’éveil de vigilance
- Norme NF P98-352 pour les bandes de guidage
- Norme NF P98-353 pour les bandes d’interception
Les erreurs fréquentes dans l’application des normes PMR
Lors des projets d’aménagement ou de rénovation, certaines erreurs sont régulièrement observées :
- largeur de cheminement insuffisante
- absence de contraste visuel sur les marches
- bandes podotactiles mal positionnées
- marquage au sol PMR peu visible
- stationnement PMR éloigné de l’entrée du bâtiment
- Ces défauts peuvent réduire l’efficacité des aménagements et compliquer les déplacements des personnes en situation de handicap.
À retenir
Les normes PMR applicables en 2026 reposent sur plusieurs textes réglementaires toujours en vigueur.
Les éléments essentiels à vérifier concernent :
• la continuité des cheminements accessibles
• les contrastes visuels et tactiles
• les dispositifs d’éveil de vigilance
• le stationnement adapté
• l’accessibilité des traversées piétonnes
L’objectif reste de garantir à tous les usagers un accès autonome et sécurisé aux espaces publics et aux services.
FAQ – Normes PMR 2026
Quelles sont les normes PMR obligatoires en 2026 ?
Les normes PMR obligatoires en 2026 reposent sur plusieurs textes réglementaires en vigueur, notamment la loi du 11 février 2005, les arrêtés de 2014 et 2017 pour les ERP, ainsi que l’arrêté du 15 janvier 2007 pour la voirie.
Elles imposent des règles concernant les cheminements accessibles, les stationnements PMR, les dispositifs tactiles et la signalisation afin de garantir l’accessibilité à tous.
Quelle largeur doit faire un cheminement PMR ?
Un cheminement accessible doit avoir une largeur minimale de 1,40 mètre pour permettre le croisement de deux personnes, dont une en fauteuil roulant.
Un rétrécissement ponctuel à 1,20 mètre est toléré sur une courte distance.
Quelle est la dimension d’une place de parking PMR ?
Une place de stationnement PMR doit mesurer au minimum 3,30 mètres de largeur afin de permettre l’ouverture complète des portières et la circulation autour du véhicule.
Au moins 2 % des places doivent être réservées aux personnes handicapées dans les parkings accessibles au public.
Quand faut-il installer une bande d’éveil de vigilance (BEV) ?
Une bande d’éveil de vigilance doit être installée en haut des escaliers et en amont des traversées piétonnes présentant un danger, notamment lorsque le trottoir est abaissé.
Elle est généralement positionnée à 50 cm du bord de la chaussée.
Qu’est-ce qu’une bande podotactile ?
Une bande podotactile est un dispositif tactile au sol permettant aux personnes malvoyantes de détecter un danger ou de se repérer dans l’espace.
Elle peut prendre la forme d’une bande d’éveil de vigilance, d’une bande de guidage ou d’une bande d’interception.
Qu’est-ce qu’une bande d’interception ?
Une bande d’interception est un dispositif podotactile permettant d’attirer l’attention d’un usager et de l’orienter vers un point d’intérêt comme un passage piéton, une entrée d’ERP ou un arrêt de transport.
Elle est encadrée par la norme NF P98-353 depuis 2025.
Qu’est-ce qu’un tapis traversant ?
Un tapis traversant est un dispositif tactile installé directement sur un passage piéton afin de guider les personnes malvoyantes pendant la traversée.
Il permet de maintenir une trajectoire et d’améliorer la sécurité dans les traversées longues ou complexes.
Quelle hauteur maximale pour un ressaut PMR ?
Un ressaut ne doit pas dépasser 2 cm.
Il peut atteindre 4 cm maximum s’il est chanfreiné avec une pente adaptée pour faciliter le franchissement en fauteuil roulant.
Le marquage au sol est-il obligatoire pour les PMR ?
Oui, le marquage au sol est obligatoire pour identifier les places de stationnement PMR et structurer les cheminements accessibles.
Il améliore la lisibilité des espaces et limite les usages inappropriés.
👉 Lien interne : Signalisation horizontale
Les normes PMR s’appliquent-elles à la voirie ?
Oui, les normes PMR concernent également la voirie et les espaces publics.
Elles imposent des règles pour les trottoirs, les passages piétons, les abaissements de bordure et les dispositifs tactiles afin de garantir la continuité du déplacement.


