Pendant longtemps, améliorer la sécurité nocturne revenait presque automatiquement à installer davantage de candélabres ou à augmenter la puissance de l’éclairage public.
Cette réponse n’est pourtant pas adaptée à toutes les situations.
Une route peut, dans de nombreux cas, devenir plus sûre sans être éclairée en permanence ni sur toute sa longueur. L’objectif consiste alors à rendre les dangers, les trajectoires et les usagers immédiatement perceptibles grâce à une combinaison de solutions :
- marquages rétroréfléchissants ;
- panneaux et balises correctement visibles ;
- plots lumineux ;
- potelets flash ;
- éclairage ciblé déclenché par détection ;
- réduction de la vitesse ;
- suppression des masques visuels ;
- amélioration de la lisibilité générale de la route.
La bonne question n’est donc plus seulement :
Elle devient :
Cette approche permet de mieux concilier sécurité routière, sobriété énergétique, maîtrise des dépenses publiques et réduction de la pollution lumineuse.
Plus de lumière ne signifie pas automatiquement plus de sécurité
L’éclairage public joue un rôle important dans les déplacements nocturnes, notamment pour les piétons, les cyclistes, les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite.
Mais sa seule présence ne suffit pas à garantir la sécurité.
Une zone peut être éclairée tout en restant dangereuse si :
- le passage piéton est masqué par un véhicule ;
- le marquage au sol est effacé ;
- les panneaux sont dégradés ou cachés par la végétation ;
- l’éclairage crée des contrastes brutaux ;
- les conducteurs arrivent à une vitesse excessive ;
- les cheminements piétons sont discontinus ;
- la lumière éclaire les façades ou le ciel au lieu de la chaussée ;
- un carrefour reste difficile à comprendre ;
- les points lumineux fonctionnent toute la nuit alors que le danger n’existe qu’au passage d’un usager.
La sécurité nocturne dépend donc de la visibilité, mais également de la compréhension de l’environnement.
Le conducteur doit pouvoir identifier rapidement :
- la trajectoire de la route ;
- la présence d’une intersection ;
- une modification de priorité ;
- un virage ;
- un îlot ;
- un passage piéton ;
- un piéton ou un cycliste ;
- un obstacle situé à proximité de la chaussée.
Le Cerema rappelle que la sobriété lumineuse doit rester compatible avec la sécurité et le confort des déplacements. La démarche consiste à adapter l’éclairage aux usages réels, et non à appliquer une extinction ou un renforcement uniforme sur tout le territoire.
Éclairer moins ne signifie pas éteindre sans diagnostic
La réduction de l’éclairage ne doit jamais être décidée uniquement à partir d’un objectif financier ou énergétique.
Avant de modifier une installation, la commune doit analyser les usages nocturnes et les risques présents sur chaque secteur.
L’étude doit notamment porter sur :
- la fréquentation des piétons et des cyclistes ;
- les horaires réels de déplacement ;
- la présence d’écoles, de commerces ou d’établissements publics ;
- les passages piétons ;
- les arrêts de transport collectif ;
- les carrefours et les intersections ;
- les entrées d’agglomération ;
- les virages dangereux ;
- les cheminements accessibles aux personnes à mobilité réduite ;
- la vitesse pratiquée ;
- l’état du marquage et de la signalisation ;
- la présence d’obstacles ou de stationnement masquant la visibilité ;
- les continuités cyclables et piétonnes ;
- la proximité d’espaces naturels sensibles.
Le Cerema recommande notamment d’examiner attentivement les cheminements et les traversées piétonnes avant toute extinction nocturne. Un défaut d’accessibilité ou une mauvaise implantation peut devenir plus dangereux lorsque l’éclairage est réduit.
Il n’existe donc pas de réponse unique. Une rue résidentielle peu fréquentée, une entrée de village, une voie verte et un passage piéton situé sur un axe circulé ne peuvent pas recevoir le même traitement.
Première solution : renforcer la rétroréflexion du marquage routier

La nuit, les phares des véhicules peuvent rendre les marquages visibles grâce à la rétroréflexion.
Cette performance est notamment obtenue par l’utilisation de billes de verre intégrées au produit ou appliquées lors de la réalisation du marquage. Elles renvoient une partie de la lumière des phares en direction du conducteur.
La rétroréflexion permet d’améliorer la perception :
- des lignes axiales ;
- des lignes de rive ;
- des passages piétons ;
- des lignes de stop ;
- des cédez-le-passage ;
- des flèches directionnelles ;
- des zébras ;
- des îlots ;
- des bandes cyclables.
Elle joue un rôle particulièrement important sur les voies qui ne disposent pas d’un éclairage public continu.
Tous les marquages ne présentent cependant pas les mêmes performances de nuit. Leur visibilité dépend notamment :
- du produit utilisé ;
- du dosage ;
- de la quantité et de la qualité des billes de verre ;
- de l’usure ;
- de l’état du support ;
- de la pluie ;
- de la propreté de la chaussée ;
- de la qualité de l’application.
Un marquage encore visible en journée peut donc présenter une performance nocturne insuffisante.
Le diagnostic d’une route ne doit pas se limiter à observer si la peinture blanche est encore présente. Il doit également s’intéresser à la capacité du marquage à guider les conducteurs la nuit et par mauvais temps.
Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur les critères de performance d’un produit de marquage au sol.
Deuxième solution : maintenir une signalisation verticale réellement visible la nuit

Les panneaux routiers sont conçus pour renvoyer la lumière des phares grâce à leurs films rétroréfléchissants.
Cette propriété diminue cependant avec le vieillissement, l’encrassement, les dégradations et les mauvaises conditions d’implantation.
Un contrôle nocturne peut révéler des anomalies peu perceptibles en journée :
- panneau ayant perdu une partie de sa rétroréflexion ;
- support mal orienté ;
- végétation masquant le signal ;
- panneau placé au milieu d’un ensemble trop chargé ;
- différence importante de visibilité entre plusieurs panneaux ;
- signalisation trop éloignée du danger ;
- incohérence entre le panneau et le marquage au sol.
La visibilité nocturne de la signalisation est principalement assurée par des matériaux rétroréfléchissants ou, dans certaines configurations, par des dispositifs lumineux.
L’entretien, le nettoyage et le renouvellement des panneaux peuvent donc améliorer la sécurité sans créer un nouveau réseau d’éclairage.
Troisième solution : utiliser un balisage lumineux ciblé

Certains dangers n’ont pas besoin d’être éclairés comme une rue entière. Ils doivent surtout être identifiés suffisamment tôt.
Un balisage lumineux peut renforcer la perception :
- d’un passage piéton ;
- d’un virage ;
- d’un îlot central ;
- d’un séparateur de voies ;
- d’une entrée d’agglomération ;
- d’une route étroite ;
- d’une voie verte croisant une chaussée ;
- d’une zone insuffisamment lisible la nuit.
Selon la configuration, la réponse peut comprendre :
- des plots solaires ;
- des balises lumineuses ;
- des potelets équipés d’une tête flash ;
- des dispositifs rétroréfléchissants renforcés ;
- une signalisation lumineuse activée à certains moments.
L’objectif n’est pas d’ajouter des lumières décoratives. Chaque point lumineux doit transmettre une information identifiable : présence d’un danger, limite d’un cheminement ou activation d’une traversée.
Le balisage doit rester cohérent avec la signalisation réglementaire, sans créer de confusion sur les couleurs, les priorités ou la trajectoire à suivre.
Découvrez notre guide consacré au balisage lumineux de voirie.
Quatrième solution : éclairer uniquement lorsqu’un usager est présent

L’éclairage à détection permet de concentrer la lumière sur une zone et pendant une durée limitée.
Sur un passage piéton, le dispositif peut détecter l’arrivée d’un usager et renforcer temporairement l’éclairage de la traversée. La lumière redevient ensuite faible ou s’éteint selon le fonctionnement retenu.
Cette approche présente plusieurs avantages :
- attirer l’attention du conducteur au moment utile ;
- améliorer la perception du piéton ;
- éviter un éclairage puissant et permanent ;
- réduire la consommation énergétique ;
- limiter la pollution lumineuse ;
- éviter la création de tranchées électriques avec une solution solaire autonome ;
- adapter la durée et l’intensité aux besoins du site.
La tête de candélabre solaire LUMY GUARDIAN fonctionne selon cette logique. Elle peut détecter l’approche d’un piéton ou d’un cycliste et déclencher un éclairage ciblé, sans raccordement au réseau électrique.
La lumière devient alors un signal dynamique : son activation indique qu’un événement est en cours et qu’un usager est présent.
Cette solution peut être étudiée pour :
- un passage piéton peu visible ;
- les abords d’une école ;
- une voie verte ;
- une piste cyclable ;
- un arrêt de transport ;
- un cheminement utilisé ponctuellement la nuit.
Découvrez le fonctionnement de la tête de candélabre solaire LUMY GUARDIAN.
Cinquième solution : signaler le danger sans éclairer toute la chaussée
Dans certaines situations, il n’est pas nécessaire d’éclairer directement la totalité de la zone. Un signal lumineux visible en amont peut suffire à provoquer une vigilance supplémentaire.
Un potelet équipé d’une tête flash solaire peut par exemple être utilisé pour renforcer la perception :
- d’une traversée piétonne ;
- d’une entrée de voie cyclable ;
- d’un virage ;
- d’une séparation de cheminement ;
- d’un obstacle situé près de la circulation.
Selon l’usage, la couleur, le fonctionnement et l’implantation doivent être adaptés à la signalisation existante et à la réglementation applicable.
La tête LUMY FLASH permet de transformer un potelet en dispositif lumineux autonome. Elle peut fonctionner sans raccordement électrique et être installée sur un équipement existant ou sur un nouveau potelet.
Cette solution ne remplace pas le marquage ni les panneaux réglementaires. Elle ajoute un niveau d’alerte visuelle sur un point précis.
Sixième solution : utiliser la photoluminescence pour certains cheminements

La peinture photoluminescente emmagasine la lumière disponible pendant la journée ou sous un éclairage, puis la restitue progressivement dans l’obscurité.
Elle peut être intéressante pour matérialiser :
- un cheminement piéton ;
- les limites d’une voie verte ;
- un parcours dans un espace public ;
- une zone nécessitant un guidage visuel ;
- certains équipements ou obstacles.
La photoluminescence produit une lumière douce et passive, sans consommation électrique pendant sa restitution.
Elle ne doit cependant pas être présentée comme une solution universelle. Sa performance dépend :
- de la quantité de lumière reçue auparavant ;
- de la durée d’exposition ;
- de l’environnement ;
- du produit ;
- de la couleur du support ;
- des conditions météorologiques ;
- du niveau de luminosité ambiante.
Elle ne remplace ni l’éclairage nécessaire à la perception des personnes, ni la signalisation routière réglementaire. Son utilisation doit être réservée aux applications compatibles avec ses performances.
Pour en savoir plus, consultez notre article sur la peinture photoluminescente et le marquage nocturne.
Quelle solution selon la zone à sécuriser ?
| Zone concernée | Risque principal | Réponse pouvant être étudiée |
|---|---|---|
| Passage piéton sur un axe circulé | Piéton détecté trop tard | Marquage performant, visibilité dégagée et éclairage à détection |
| Entrée d’agglomération | Vitesse et changement d’environnement | Signalisation rétroréfléchissante, balisage et dispositif d’alerte |
| Virage dangereux | Mauvaise perception de la trajectoire | Balises, plots ou potelets flash et renforcement du marquage |
| Route étroite | Difficulté à identifier les limites de circulation | Marquage adapté, balisage latéral et réduction de la vitesse |
| Voie verte | Manque de guidage nocturne | Balisage discret, photoluminescence ou éclairage à détection |
| Rue résidentielle | Éclairage permanent peu adapté aux usages | Réduction programmée après diagnostic et maintien des points sensibles |
| Espace naturel | Pollution lumineuse et faible fréquentation | Limitation maximale de l’éclairage et guidage passif |
| Abords d’une école | Traversées concentrées sur certains horaires | Éclairage dynamique, marquage durable et protection des cheminements |
Ces exemples ne remplacent pas une analyse du site. Une solution efficace dans une commune peut être inadaptée à une autre configuration.
La sobriété lumineuse répond également à un enjeu environnemental
L’éclairage artificiel nocturne peut perturber les espèces, fragmenter certains habitats et modifier le fonctionnement des écosystèmes.
La politique publique de lutte contre la pollution lumineuse encourage notamment :
- l’orientation correcte des flux lumineux ;
- la limitation de la lumière émise vers le ciel ;
- l’adaptation des horaires ;
- la maîtrise de la puissance ;
- la réduction de la lumière bleue ;
- l’extinction lorsque l’éclairage n’est pas utile ;
- la prise en compte des espaces naturels.
L’arrêté du 27 décembre 2018 encadre les installations d’éclairage extérieur destinées notamment à la sécurité des déplacements. Il fixe des prescriptions visant à prévenir et limiter les nuisances lumineuses.
La recherche d’une meilleure sécurité routière doit donc intégrer deux objectifs complémentaires :
- maintenir la visibilité indispensable aux déplacements ;
- éviter d’éclairer inutilement les zones, les périodes et les espaces qui n’en ont pas besoin.
Les équipements lumineux ne remplacent jamais un aménagement conforme
L’ajout d’un plot, d’un potelet flash ou d’un éclairage à détection ne peut pas corriger à lui seul une traversée mal conçue.
Avant d’ajouter un équipement, il faut vérifier :
- l’emplacement du passage piéton ;
- l’état du marquage blanc ;
- la visibilité dans les deux sens ;
- la vitesse d’approche ;
- la présence de stationnement ;
- les cinq mètres réglementaires à dégager en amont ;
- les bandes d’éveil à la vigilance ;
- les abaissés de trottoir ;
- la continuité du cheminement ;
- la signalisation verticale ;
- la présence d’un îlot ou d’un refuge ;
- la possibilité pour le conducteur de s’arrêter.
Les dispositifs lumineux complètent la signalisation réglementaire. Leur couleur, leur implantation et leur fonctionnement doivent être étudiés pour ne pas créer de confusion.
La réglementation permet désormais certains dispositifs de signalisation horizontale dynamique, notamment l’activation d’éléments lumineux blancs lors de la détection d’un piéton. Ces dispositifs répondent cependant à des prescriptions précises et ne doivent pas être confondus avec n’importe quel plot lumineux.
Une méthode en cinq étapes pour sécuriser sans suréclairer
1. Réaliser un diagnostic de jour et de nuit
Une visite en journée ne permet pas d’évaluer la visibilité réelle des panneaux, du marquage et des cheminements.
Le diagnostic doit être complété par une observation nocturne, si possible aux horaires où les usagers sont réellement présents.
2. Identifier précisément le danger
Il faut déterminer si le problème concerne :
- la visibilité d’un piéton ;
- la perception de la trajectoire ;
- la vitesse ;
- le manque de rétroréflexion ;
- l’absence de signalisation ;
- un masque visuel ;
- une rupture de cheminement ;
- un éclairage mal dirigé.
3. Corriger les défauts existants
Avant d’installer un nouvel équipement, la commune doit remettre en état :
- le marquage ;
- les panneaux ;
- la végétation ;
- le stationnement ;
- les cheminements ;
- les dispositifs d’accessibilité.
4. Choisir la solution la plus ciblée
La réponse peut être passive, rétroréfléchissante, photoluminescente ou lumineuse.
L’éclairage permanent ne doit être retenu que lorsqu’il correspond réellement au besoin.
5. Contrôler les résultats
Après l’installation, il est nécessaire de vérifier :
- la visibilité depuis chaque sens de circulation ;
- la zone réellement éclairée ;
- le fonctionnement de la détection ;
- l’absence d’éblouissement ;
- la compréhension du dispositif ;
- le comportement des usagers ;
- les performances pendant l’hiver ;
- les besoins d’entretien.
Comment C2 Marquage accompagne les collectivités
C2 Marquage accompagne les communes et gestionnaires de voirie dans la sécurisation nocturne de leurs espaces de circulation.
Notre approche peut comprendre :
- un diagnostic de jour et de nuit ;
- le contrôle du marquage existant ;
- l’identification des défauts de visibilité ;
- le renouvellement des marquages ;
- la fourniture et la pose de signalisation verticale ;
- l’installation de plots et de dispositifs de balisage ;
- la pose de potelets flash ;
- l’installation d’un éclairage solaire à détection ;
- les réglages et essais ;
- le suivi du fonctionnement des équipements.
En tant que distributeur exclusif des solutions LUMY dans le Grand Est, C2 Marquage privilégie une logique de sécurisation ciblée, autonome et réparable.
Selon les conditions du projet, les équipements peuvent bénéficier :
- d’une garantie étendue à trois ans ;
- d’un diagnostic annuel pendant la garantie ;
- d’une disponibilité des pièces pendant dix ans ;
- d’une réparabilité après la garantie, sur devis.
Notre objectif n’est pas d’ajouter systématiquement de la lumière, mais de proposer le niveau de visibilité adapté au risque réellement observé.
Vous souhaitez sécuriser une route, un passage piéton ou une voie verte sans créer un éclairage permanent supplémentaire ?
Questions fréquentes sur la sécurité routière et l'éclairage
Une commune peut-elle éteindre son éclairage public la nuit ?
Un passage piéton doit-il obligatoirement être éclairé ?
Les plots solaires peuvent-ils remplacer l’éclairage public ?
Quel est l’avantage d’un éclairage à détection ?
La peinture rétroréfléchissante fonctionne-t-elle sans éclairage public ?
La peinture photoluminescente peut-elle remplacer un marquage réglementaire ?
Faut-il choisir entre sécurité routière et réduction de la pollution lumineuse ?
SOBRIÉTÉ LUMINEUSE ET SÉCURITÉ
Votre commune éteint la nuit ?
Nous accompagnons les collectivités qui veulent réduire leur éclairage sans perdre en sécurité : diagnostic des points sensibles, puis équipements adaptés à chaque situation.
✔ Plots et bornes solaires
✔ Éclairage à détection de présence
✔ Diagnostic des zones à risque


